Haïti et sa pénible quête de reconnaissance au XIXe siècle
Retour sur une épuisante démonstration de civilisation
Mots-clés :
Haïti, indépendance, reconnaissance, race, norme de civilisationRésumé
Sitôt l’indépendance d’Haïti proclamée, les premiers dirigeants haïtiens se sont sentis obligés d’adopter la norme eurocentrique de civilisation afin de se faire reconnaître et, par-là, se forger une place dans la grande « famille des nations civilisées ». Ils ont déployé des efforts considérables pour prévenir toute objection potentielle en démontrant qu’ils pouvaient s’appuyer sur une présomption de réciprocité et de capacité dans les relations internationales. Cependant, leurs efforts semblaient toujours insuffisants. Ils étaient condamnés à produire en vain des preuves de leur civilisation, à l’instar des Danaïdes condamnées aux enfers à remplir sans fin un tonneau troué. En l’absence d’une reconnaissance pleine, probablement entravée par la racialisation du droit international (le concept de reconnaissance plénière étant réservé aux seules nations européennes et nord-américaines), l’État haïtien a dû pendant longtemps se contenter d’une reconnaissance partielle, rendue nécessaire par le pragmatisme commercial de l’époque.
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© Milcar Jeff Dorce (Auteur-e) 2026

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